INSTITUT TECHNIQUE TROPICAL

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Diagnostics composés

  • D’une ACV (Analyse de Cycle de Vie = méthode de comptabilité des impacts environnementaux potentiels)
  • D’un état des lieux local (état à un temps ‘‘t’’ de l’impact de la culture de la banane sur l’environnement)

Le 1er diagnostic environnemental de la filière Banane de Guadeloupe et Martinique a eu lieu en 2009 (début de la mise en oeuvre du PBD1) et un second aura lieu en 2013 (fin de la mise en oeuvre du PBD1).

A partir de 2014 une ACV sera réalisée de façon annuelle par l’IT2 à l’aide d’un outil créé spécialement à cet effet.

Cet outil permettra également de réaliser des ACV partielles tous les ans afin d’évaluer les impacts environnementaux des pratiques innovantes préconisées par l’IT2.

Principaux axes de progrès

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Engrais

  • Quantification des métaux lourds en concertation avec les fournisseurs
  • Incitation à l’adoption de bonnes pratiques agricoles (fractionnement, engrais à effet retard, fertigation et matière organique)

Glyphosates

  • Promotion de l’utilisation d’appareils bas et ultra-bas volume et de la mise en place de plantes de service

Produits phytosanitaires post-récolte

  • Collaboration avec les Offices de l’Eau De Guadeloupe et Martinique pour la surveillance des eaux de surface et souterraines
  • Généralisation du système Heliosec, sécurisation des collectes et du stockage des reliquats de bouillies fongiques

L’exemple des gaines vertes ou comment maîtriser les impacts environnementaux

L’engainage consiste à poser une gaine plastique (Polyéthylène PET) sur le régime de banane au tout début de sa croissance, au stade ‘‘tête de cheval’’ ou ‘‘dernière main horizontale’’.

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La fonction de cette gaine est double. Elle protège d’abord mécaniquement la peau des fruits contre les attaques d’insectes (ou autres parasites) et contre les grattages liés à l’agitation par le vent des feuilles à proximité.

Elle agit ensuite comme une serre miniature qui limite les variations de température (ce qui garantit la croissance et le remplissage des fruits et réduit l’intervalle de temps entre la floraison et la récolte).

La gaine recouvre l’ensemble des fruits et forme une cloche dont la longueur dépasse d’une vingtaine de centimètres le bas du régime.

Maîtriser l’impact environnemental

Soucieuse de la réduction de l’ensemble de ses impacts environnementaux, la filière Banane de Guadeloupe et Martinique a initié dès le début des années 2000 la mise en oeuvre de la règle des 3R concernant l’ensemble de ses déchets plastiques et plus particulièrement de ses gaines : Réduire, Réutiliser, Recycler.

La réduction a notamment été obtenue en diminuant l’épaisseur des gaines de 25 à 18 microns et leur longueur de 1,80 m à 1,70 puis 1,60 m.

Des essais de réutilisation ont été tentés mais n’ont pas donné satisfaction.

A partir de 2005, une filière de collecte et de recyclage, pilotée par les groupements de producteurs, s’est structurée et organisée efficacement pour traiter la totalité des gaines employées.

Ainsi, après avoir été utilisées au champ, les gaines (et les ficelles) sont collectées à la station de conditionnement, pour être réorientées vers 2 filières de transformation :

  • Une filière de recyclage pour reconditionner le plastique sous une autre forme et pour une seconde vie (semelles de chaussures, sacs poubelle, tapis de sol, etc.)
  • Une filière de valorisation énergétique

Ainsi 100% des gaines actuellement utilisées au champ dans les bananeraies en Guadeloupe et Martinique sont recyclées.

Un produit toujours plus ‘‘vert’’

Dans le cadre des actions du Plan Banane Durable, la banane de Guadeloupe et Martinique a été la première filière fruitière (au niveau national) et tropicale (au niveau mondial), à réaliser une Analyse de Cycle de Vie complète (ACV) détaillant non seulement la gestion de ses déchets, mais aussi la totalité de ses impacts sur le sol, l’air (bilan Carbone), l’eau, la biodiversité et le paysage.

La réflexion sur les gaines s’est poursuivie en 2010 sur les impacts Carbone et Paysage. Un nouveau cahier des charges sur la base d’une couleur verte des gaines et d’un matériau à bilan carbone réduit a été demandé par la filière aux fournisseurs de gaines.

Qu’on ne s’y trompe pas, la gaine de protection des régimes est un produit très technique à la fois en termes de composition et de couleur.

Les longueurs d’ondes lumineuses qui la traversent doivent permettre une photosynthèse optimale, un contrôle de la température, mais aussi limiter les UV afin de ne pas brûler la peau des fruits.

Ainsi, des études pilotées par l’Institut Technique Tropical (IT2) ont permis de confirmer que le changement de couleur des gaines du bleu au vert n’induirait pas d’altération des performances recherchées par l’engainage, voire pourrait améliorer certains paramètres.

C’est pourquoi la filière, au travers des groupements de producteurs, s’est fixé comme objectif d’approvisionner la totalité de la production avec des gaines vertes dès la fin de l’année 2013 avec comme souci unique l’amélioration de l’impact au niveau du paysage.

Les études sur la réduction de l’empreinte carbone se poursuivent en ce moment sur 2 axes : à moyen terme le remplacement du plastique d’origine fossile (à base de pétrole) par un plastique d’origine végétale (à base d’alcool de canne à sucre) et à plus long terme l’utilisation de plastique à base d’amidon de maïs ou de fécule de pomme de terre.

Dans les 2 cas, de nombreuses mises au point techniques seront nécessaires en gardant toujours en mémoire qu’une solution durable est une solution limitant l’impact environnemental, socialement acceptable et économiquement viable.